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Éclairer la voie à l’obscurité… Plein phare sur la pollution lumineuse

La présence accrue de l’éclairage nocturne s’inscrit dans l’ère moderne depuis déjà un bon moment. Cette lumière nous permet de mener à bien certaines activités pendant la nuit, malgré le fait que nous soyons fondamentalement des animaux diurnes. Et si l’utilisation de cette lumière artificielle de nuit nous semble aujourd’hui si naturelle, il est important de se rappeler qu’elle peut avoir des impacts notables, notamment sur notre santé, mais aussi sur la faune et la flore.


Crédit photo: RICEMM


Saviez-vous que 28% des vertébrés et 64% des invertébrés sont nocturnes ? Assez impressionnant, mais pas surprenant quand on prend le temps d’y réfléchir. En effet, plusieurs animaux ont évolué pour être actifs de nuit afin d’être moins visibles de leurs prédateurs ou bien afin d’être plus subtils aux yeux de leurs proies. Ce type de mode de vie vient souvent avec des yeux plus grands et plus performants que leurs congénères diurnes. Par exemple, les immenses pupilles de la chouette rayée, un oiseau de proie présent dans le parc du Mont Bellevue, lui permettent de faire entrer une plus grande quantité de lumière à travers son œil. On retrouve néanmoins bien d’autres animaux nocturnes au sein de la montagne, comme des chauves-souris, des salamandres et des grenouilles.

À savoir aussi que de nombreux animaux utilisent les astres et les cycles lunaires pour se localiser, effectuer leurs migrations ou même pour la reproduction ! L’un des exemples les plus impressionnants est sans contredit celui des coraux, qui, quelques jours après une pleine lune particulière, relâchent leurs cellules reproductrices en masse de façon synchronisée dans l’océan. Cela dit, quand la lumière artificielle vient se mêler de la partie, cela peut être problématique pour bien des espèces animales qui dépendent des lueurs naturelles. Par exemple, il arrive souvent que des oiseaux migrateurs qui volent au gré des astres se voient dévier de leur trajectoire en raison des îlots de lumière percutants produits par les zones urbaines. Malheureusement, cela peut rallonger leur périple et certains en viennent même à mourir d’épuisement.

Un autre exemple frappant qui survient souvent à même notre cour est celui des insectes. Vous avez certainement déjà pu observer des dizaines de bestioles tournoyer autour de vos ampoules extérieures. Si cela peut sembler anodin au premier abord, il a été démontré qu’un seul luminaire pourrait tuer par épuisement environ 150 insectes par nuit !

Des plantes qui en arrachent…

En ce qui concerne les végétaux, on sait que la pollution lumineuse interfèrerait avec les processus de dormance essentiels à la plante pour survivre aux rigueurs de l’hiver. De plus, il est bien établi que cette exposition lumineuse prolongée contribue à retarder la tombée des feuilles à l’automne, un autre processus essentiel à la survie de ces organismes.

Et les humains dans tout ça ?

Comme vous le savez peut-être déjà, les êtres humains ont ce que l’on appelle un cycle circadien ou cycle éveil-sommeil. En gros, ces cycles influencent grandement la production hormonale, elle-même à l’origine d’une panoplie de processus de régulation internes. La lumière bleue émise par les écrans et autres sources lumineuses présentes dans notre environnement après la tombée du jour pourraient dérégler notre horloge biologique et affecter la qualité du sommeil, mais aussi augmenter l’occurrence de certains cancers hormonodépendants.

Mais au-delà de tout cela, le spectacle majestueux offert par un ciel étoilé limpide devrait pouvoir être apprécié par tout citoyen, même en plein cœur de la ville. Dans ce contexte, les îlots de noirceurs deviennent d’autant plus importants. D’ailleurs, savez-vous que le parc du Mont Bellevue a obtenu la toute première accréditation d’oasis de nuit étoilée en milieu urbain ? Ce statut reconnait les efforts fournis pour réduire la pollution lumineuse du parc et protéger sa faune nocturne. Notamment, à partir de 22h chaque soir, l’intensité lumineuse de l’emblématique croix est réduite de 75%. Des quartiers voisins de la montagne ont même pris part à l’initiative, en adoptant eux aussi des pratiques d’éclairage respectueuses de l’environnement. Ces petits gestes tout simples, vous pouvez également les mettre en pratique si vous souhaitez contribuer à votre façon. Choisir une lumière ambrée moins riche en lumière bleue, orienter la lumière vers le bas au moyen de chapeaux et réduire l’intensité ainsi que la durée d’éclairage en sont quelques exemples. Et même si cela peut sembler banal à petite échelle, il suffit que quelques personnes s’y mettent pour éclairer la voie et éteindre l’ignorance sur ce sujet encore mal connu du grand public.

Pour en savoir plus :







Références :

Johanne Roby et Martin Aubé, 2021, L’Oasis de nuit étoilée : un projet régional et sociétal,

Encyclopédie de l’environnement, 13 juillet 2023, Impact de la pollution lumineuse sur les végétaux, Université de Grenoble

Ciel étoilé Mont-Mégantic, Luminaires recommandés, https://www.cieletoilemont megantic.org/luminaires

Réseau Sépaq, 3 avril 2019, La pollution lumineuse et la faune- Sépaq, YouTube

Radio-Canada, 26 mai 2019, Les cycles lunaires auraient une influence sur la vie sexuelle des animaux, Des années lumières (M.-P. Élie), https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/les-annees-lumiere/segments/chronique/119247 /science-pleine-lune-corail-animaux

Paris nature, 13 juin 2022, Biodiversité nocturne et pollution lumineuse,

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