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LE RÔLE DES OISEAUX EXCAVATEURS

Au parc du Mont-Bellevue, il suffit de jeter quelques coups d’œil aux alentours pour repérer des trous à l’intérieur de certains arbres. Ces cavités sont souvent attribuables aux oiseaux excavateurs. Les principaux oiseaux excavateurs sont les pics, qui font au moins une nouvelle cavité par année. Les mésanges et les sittelles sont également des espèces excavatrices, mais de façon plus occasionnelle; elles utilisent souvent les cavités déjà existantes. Les chicots (arbres morts encore enracinés) sont généralement privilégiés par les oiseaux excavateurs pour y nicher ou s’y réfugier; ils revêtent donc une importante valeur écologique.



Les oiseaux excavateurs jouent un rôle clé dans l’écosystème du Mont-Bellevue, puisque plusieurs espèces utilisent les cavités qu’ils façonnent. Les utilisateurs secondaires de cavités comprennent une foule d’espèces d’oiseaux, en plus de nombreux petits mammifères tels que les chauves-souris, les écureuils et les ratons laveurs. Pour les oiseaux, le principal avantage de faire son nid dans une cavité réside dans la diminution du risque de prédation des œufs et des oisillons. De façon secondaire, l’utilisation d’une cavité permet de limiter les pertes de chaleur. Les mésanges, les sittelles et les grimpereaux sont d’ailleurs bien connus pour dormir dans les cavités à l’intérieur des arbres par nuits froides.


Parmi les neuf espèces de pics présentes au Québec, six sont répertoriées au Mont-Bellevue : le pic flamboyant, le pic maculé, le pic à tête rouge, le grand pic, le pic chevelu et le pic mineur. Tous les pics ont un bec dur et pointu pour percer des trous dans le bois et une langue extensible pour capturer les insectes à l’intérieur des cavités. Ils ont également un crâne robuste et une partie cartilagineuse à la base du bec pour absorber les chocs dus au martèlement du bois. À l’approche de la saison froide, le pic flamboyant, le pic maculé et le pic à tête rouge migrent vers le sud. En revanche, le grand pic, le pic chevelu et le pic mineur demeurent au Québec toute l’année.


Le grand pic


D’une longueur de 41 à 50 cm, le grand pic se caractérise par sa huppe (touffe de plumes sur la tête) rouge vif. Le plumage de cet oiseau noir au fort bec est marqué par une rayure blanche s’étirant de son bec jusqu’à l’épaule. Le front et la moustache sont rouges chez le mâle, alors qu’ils sont noirs chez la femelle. En vol, le grand pic se reconnaît par le dessous de ses ailes blanc bordé de noir. Il fait son nid à l’intérieur d’un arbre mature de grand diamètre.


Figure 1. Grand pic femelle, avec la moustache et le front noirs.



Le pic chevelu


D’une longueur de 22 à 27 cm, le pic chevelu a le dos blanc, des ailes noires tachetées de blanc et une queue bordée de blanc. Son bec est plus long que la moitié de sa tête. Le mâle a une tache rouge derrière la tête traversée par un trait noir, tandis que la femelle n’a pas de tache rouge.


Figure 2. Pic chevelu mâle.



Le pic mineur


D’une longueur de 16 à 18 cm, le pic mineur a aussi le dos blanc, des ailes noires tachetées de blanc et une queue bordée de blanc. Il se distingue du pic chevelu par sa taille plus petite, son bec plus court que la moitié de sa tête et ses taches noires sur les rectrices (plumes de la queue) externes blanches. De plus, la tache rouge derrière la tête du mâle n’est pas séparée par un trait noir.


Figure 3. Pic mineur mâle.

À vos jumelles, prêts, bonne observation!



Références bibliographiques


- Brûlotte, Suzanne. (2007). Les oiseaux du Québec : Guide d’initiation. Broquet.

Darveau, M. et Desrochers, A. (2001). Le bois mort et la faune vertébrée : État des connaissances au Québec. https://www.researchgate.net/profile/Marcel-Darveau/publication/244485392_Le_bois_mort_et_la_faune_vertebree_etat_des_connaissances_au_Quebec/links/00b7d5357ca5ee4d24000000/Le-bois-mort-et-la-faune-vertebree-etat-des-connaissances-au-Quebec.pdf


- Environnement et Changement climatique Canada. (s.d.) Faune et flore du pays : Le Pic mineur. Fédération canadienne de la faune. https://www.hww.ca/fr/faune/oiseaux/le-pic-mineur.html


- Fernie, K. et Tessier, C. (2005). Paramètres d’exposition chez les oiseaux : Pic flamboyant. Centre d’expertise en analyse environnementale du Québec. https://www.ceaeq.gouv.qc.ca/ecotoxicologie/oiseaux/Pic.pdf


- Lafleur, P-É. et Blanchette, P. (1993). Développement d’un indice de qualité de l’habitat pour le Grand Pic (Dryocopus pileatus) au Québec. Ministère du Loisir, de la Chasse et de la Pêche du Québec.


- Lang, Y., Perrault, G. et C. Dion, C. (2015). Les chicots, plus de vie qu’il n’y paraît : Conservation des chicots et des arbres sénescents pour la faune. Regroupement QuébecOiseaux. https://www.foretprivee.ca/wp-content/uploads/2016/05/Guide-conservation-des-chicots-RQO.pdf


- Ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs du Québec. (2021, décembre). Espèces fauniques menacées ou vulnérables au Québec : Pic à tête rouge. https://www3.mffp.gouv.qc.ca/faune/especes/menacees/fiche.asp?noEsp=39


- Ressources naturelles Canada. (2015, 4 août). Grand pic. Gouvernement du Canada. https://aimfc.rncan.gc.ca/fr/maladies/fiche/44