En été, les chants des oiseaux et de la nature enchantent les promeneurs en forêt. En hiver, ces mélodies se font plus rares et discrètes, les oiseaux partent vers les pays chauds et la nature s’endort tranquillement sous l’épais couvert de neige. Seules les oreilles les plus attentives pourront profiter d’un chant plus subtil, mais d’autant plus surprenant : le chant des arbres !
Depuis quelques semaines, plusieurs vidéos virales font le tour des réseaux sociaux au Canada et particulièrement aux États-Unis. Avec l’augmentation des périodes de grands froids en Amérique du Nord, les arbres se seraient mis à exploser sous les gels intenses. Ce mythe a été expliqué par des scientifiques et ces dites vidéos Tik Tok se sont avérées être de l’intelligence artificielle.
Le processus est somme tout assez simple. La sève, l’équivalent du sang chez les humains permettant de faire circuler les éléments nutritifs nécessaires à la croissance des arbres, est gorgée d’eau. En gelant, l’eau qui circule dans les arbres se dilate et prend de plus en plus d’expansion à l’intérieur du tronc. Cependant, l’écorce et le bois externes des arbres se contractent rapidement aussi sous les grands froids. Cette opposition de tension venant de l’extérieur et de l’intérieur des arbres peut ainsi provoquer une fente de gel, aussi appelée une gélivure. Les variations de température causées par les changements climatiques dérèglent le « sommeil » des arbres et les empêchent de bien se préparer au froid. Normalement, les arbres ont des moyens physiques et chimiques pour éviter que leurs tissus gèlent. Néanmoins, quand les températures montent et redescendent trop vite, ceux-ci n’ont pas le temps d’activer ces protections. Résultat : lors d’un retour brutal du froid, la sève peut se dilater et causer des dommages. Les arbres déjà endommagés, moins maniables ou encore certaines espèces spécifiques, peuvent être plus vulnérables la formation de gélivures. En effet, les arbres à écorce fine et à croissance rapide, tels que de nombreuses espèces d’érables, de pommiers, de frênes, de saules de noyers ou bien de bouleaux, ont tendance à craquer davantage lors de grands froids.
Le bruit de craquement produit lors de la fissure du bois par la sève peut étrangement se rapprocher de celui d’un coup de fusil ou de la détonation d’un pot d’échappement. Cependant, il ne s’agit que du chant des arbres en hiver, il n’y a aucune raison de s’inquiéter ! Pour éviter d’être affecté par ce phénomène, voici quelques petites astuces :
- Après les périodes de grand froid, surveiller les arbres qui présentent de longues fentes verticales et des branches partiellement fendues ;
- Faire appel à des professionnels pour intervenir s’il est nécessaire de couper une branche ou un arbre ;
- Éviter de se stationner près d’arbres présentant des signes de fissures.
Pour les amoureux de randonnées pédestres dans les bois, le seul bon conseil est d’ouvrir les oreilles et de profiter de ce chant étrange, mais aussi magnifique que les hivers québécois nous offrent.