L’année 2025 n’a pas commencé de la meilleure façon en matière d’environnement. Entre un contexte politique incertain, marqué par le retour de Donald Trump au pouvoir, et une COP30 qui a soulevé plusieurs critiques (retrait des États-Unis dans les discussions, manque de considération des peuples autochtones et forte présence de lobbyistes pétroliers), il est facile d’avoir l’impression que rien ne s’améliore. Les médias, souvent axés sur l’urgence et le sensationnel, renforcent ce sentiment. Pourtant, derrière ces manchettes se cachent aussi des avancées bien réelles. Voici donc un tour d’horizon de quelques bonnes nouvelles environnementales de 2025, parce qu’il y en a et elles méritent d’être mises en lumière!
NOUVELLES INTERNATIONALES
Énergies renouvelables et réduction du CO₂
En 2025, pour la première fois dans l’histoire, la demande mondiale en énergies renouvelables a été plus grande que la demande en énergies fossiles! L’énergie solaire et éolienne continuent de progresser à une vitesse impressionnante. Grâce à la réduction spectaculaire des coûts de production de l’énergie solaire, soit 99.9 % du prix depuis 1975, rendant cette technologie accessible à de nombreux pays, notamment ceux où les réseaux électriques sont moins fiables ou plus coûteux.
Dans ce lot de changements, la Chine est pionnière avec une expansion massive dans la demande en énergie verte. En plus des nombreuses fermes solaires, le pays se dote d’éoliennes marines résistantes aux ouragans et aux typhons. Résultat : les émissions de CO₂ de la Chine sont en déclin depuis mai 2025, une tendance qui semble se maintenir.
De son côté, le Royaume-Uni a posé des gestes forts pour diminuer sa production d’énergies fossiles. Le pays a fermé sa dernière centrale au charbon, représentant alors le premier pays à s’en départir complètement. De plus, le Royaume-Uni a retiré les permis d’exploration de pétrole et de gaz naturel dans les régions inexploitées. Certes, cela ne signifie pas que la production d’énergies fossiles arrête du jour au lendemain, mais sans nouveaux projets, elle devrait diminuer progressivement. Un symbole puissant pour un pays historiquement lié au charbon depuis la révolution industrielle.
Conservation et protection des écosystèmes
Les eaux internationales représentent près des 2/3 des océans, mais moins de 1 % sont actuellement protégées. Après des décennies de négociations, le Traité mondial sur les Océans a été adopté en 2023 et a atteint le seuil de 60 ratifications. Ce nombre de pays donne de la force au document et ouvre la voie vers l’objectif de protéger au moins 30 % des eaux internationales. Le traité est essentiel pour étendre la protection, créer des sanctuaires qui contribuent à atténuer la crise climatique et garantir la sécurité alimentaire des milliards de personnes qui dépendent des ressources océaniques.
Victoire contre les multinationales du secteur agricole
En novembre 2025, la cour a statué que l’échange de semences entre fermiers est légal. Avant, ces pratiques pouvaient entraîner de lourdes sanctions, sous la pression de grandes multinationales. Cette décision protège l’agriculture traditionnelle ainsi que les droits des fermiers d’agriculture de proximité (de petite échelle) afin de garder, d’échanger et de planter gratuitement leurs graines. Ainsi, ces fermiers défient le contrôle des multinationales sur l’agriculture d’un pays.
Ralentissement de la déforestation de la forêt amazonienne au Brésil
Depuis des années, la déforestation en Amazonie fait la une des journaux. Cette vaste forêt tropicale, qui s’étend sur huit pays d’Amérique du Sud, dont 60 % au Brésil, est souvent qualifiée comme le « poumon de la planète ». L’industrie du bois, mais également celle de l’agriculture, détruisent chaque heure des milliers d’hectares de cette forêt fragile et précieuse. Bonne nouvelle : le Brésil a présenté un plan de conservation de la forêt amazonienne voulant arrêter la déforestation pour 2030. Et pour les résultats concrets? La déforestation au Brésil a diminué de 11 % entre 2024 et 2025, atteignant son niveau le plus bas en 11 ans.
L’organisme indépendant Imazon a également constaté que le déboisement était inférieur de 43% en octobre 2025 comparativement à octobre 2024. Plusieurs facteurs expliquent ces progrès, soit le renforcement des politiques environnementales, les restrictions de financement pour les activités illégales et le rôle clé des peuples autochtones dans la protection des territoires. En effet, même si tous les peuples autochtones ne représentent que 6 % de la population mondiale, ils sont responsables d’environ 80 % de la protection de la biodiversité restante sur Terre, et la diminution de la déforestation en Amazonie en est un exemple concret.
NOUVELLES CANADIENNES ET LOCALES
Nouvelles naissances de caribous en Gaspésie
En 2025, 12 jeunes caribous sont nés dans des installations protégées en Gaspésie, à Charlevoix et à Val-d’Or. Avec seulement 9 individus à Val-d’Or, 39 à Charlevoix et 24 en Gaspésie, la population de caribous forestiers et montagnards est considérée critique depuis plus d’une vingtaine d’années. Les chercheurs semblent toutefois optimistes pour leur futur. Des mesures ciblées ont été mises en place comme des enclos de maternité sécurisés, de la protection contre les prédateurs et la réduction de perturbations humaines. Somme toute, les efforts des chercheurs prouvent que les populations de caribous sont à la hausse et qu’il y a de l’espoir de retrouver, un jour, des hardes de caribous sauvages en nature.
Des refuges marins gérés par des communautés autochtones
En Colombie-Britannique, un modèle de cogestion prend de l’ampleur. Grâce à des ententes entre le gouvernement fédéral et les Premières Nations, trois nouveaux refuges marins ont été créés en 2025, deux près de Haida Gwaii et un près de l’Île Banks. Ces zones protégées abritent des coraux d’eau froide, des forêts de varech et des herbiers marins. Ces refuges jouent un rôle crucial pour plusieurs espèces vulnérables, dont le saumon, le sébaste et le hareng. Au-delà de la protection écologique, ces initiatives visent à reconnaître le rôle central des peuples autochtones dans la gouvernance marine et à leur laisser la possibilité de gérer eux-mêmes ces écosystèmes.