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Milieux humides... Les reins de la nature

S’il est bien connu que les forêts constituent les poumons de la planète, très peu de gens savent qu’on dit des milieux humides qu’ils sont les reins de la nature. En fait, ils sont bien plus que ça...

Mais c’est quoi, au juste, un milieu humide ? Eh bien, il s‘agit d’une zone saturée d’eau, de façon permanente ou temporaire, comme les étangs, marais, marécages et tourbières. Ces épicentres de biodiversité abritent de nombreuses espèces qui dépendent de la quiétude, la propreté et l’intégrité des lieux. En fait, selon les estimations scientifiques, le tiers des espèces en péril en Amérique du Nord dépendent des milieux humides. Cela permet de mettre en lumière l’importance de préserver ces zones qui font office d’habitats, mais aussi de lieux d’alimentation, de reproduction et de ponte pour de nombreuses espèces.


Des espèces phares

Des amphibiens tels que les salamandres et les grenouilles ont absolument besoin d’un milieu humide pour survivre en raison du fait que ces animaux respirent via leur peau et que l’oxygène ne peut que voyager au travers d’une surface humide. D’ailleurs, puisque leur peau est si mince et perméable, ce sont souvent les premiers touchés en cas de perturbation environnementale. En effet, polluants et contaminants pénètrent très facilement leur organisme. Dans le jargon, on appelle ce type d’êtres vivants des « bio-indicateurs ». On comprend donc que la protection et le suivi de ces espèces sont essentiels pour agir en amont sur des problématiques écologiques qui pourraient causer d’autres dommages importants, notamment sur la qualité de l’eau et sur la santé humaine. D’ailleurs, au Mont Bellevue, le suivi des étangs et des amphibiens est effectué périodiquement. Cette démarche s’inscrit dans le cadre du PSIÉ (programme de suivi de l’intégrité écologique), un maillon essentiel de la conservation du parc.

Cela dit, les milieux humides ne sont pas seulement essentiels pour abriter des espèces spécifiques. Ils remplissent également plusieurs rôles clés qui bénéficient directement ou indirectement aux êtres humains. En effet, grâce à la composition du sol et aux végétaux qu’ils abritent, ils constituent des espèces d’éponges naturelles qui retiennent et relâchent l’eau, ce qui permet notamment de prévenir ou de diminuer la gravité de nombreuses inondations et sécheresses. Cette faculté leur permet aussi de limiter l’érosion.

Et qui dit éponge dit également filtration : en plus de filtrer plusieurs contaminants et métaux lourds, les zones humides sont souvent utilisées pour régénérer des territoires lourdement dégradés, comme des dépotoirs et des eaux usées. C’est dire à quel point ils peuvent être efficaces !

Des milieux humides à la rescousse des changements climatiques

Fait intéressant : les milieux humides tels que les tourbières excellent dans la séquestration du carbone. En fait, à l’échelle planétaire, les tourbières ne constituent que 3% du territoire, mais elles captent 1/3 du carbone piégé dans les sols ! Dans le contexte de crise climatique qui subsiste actuellement, il est d’autant plus important de protéger ces milieux, qui nous offrent ce service climatique tout à fait gratuitement.


Image d’un milieu humide- Source : Canards illimités Canada


Malheureusement, environ 70% des milieux humides des zones habitées du Canada ont déjà été détruits ou comportent un certain niveau de dégradation. Cela dit, des moyens ont été mis en œuvre pour les protéger notamment l’objectif d’aucune perte nette du Gouvernement du Québec, qui vise à protéger les milieux humides restants et à compenser les pertes brutes inévitables par des projets de restauration et de revitalisation.


À l’échelle individuelle, nous pouvons toutefois poser de petits gestes simples afin de contribuer à protéger ces petits trésors. Observer ces zones à une certaine distance et porter un soin particulier à ne pas laisser de déchets, d’objets ou de débris industriels à proximité permettront aux milieux humides de rester en bonne santé et de nous rendre de précieux services écosystémiques pour encore longtemps.


Références :

Natasha Daly, 21 septembre 2021, Les espèces bio-indicatrices, boussoles du changement climatique, NATIONAL GEOGRAPHIC, https://www.national geographic.fr/animaux/ 2021/09/les-especes-bio-indicatrices-boussoles-du-changement-climatique


Université de Sherbrooke, Suivi écologique au parc du Mont Bellevue (document PDF)


Le Blob, Tourbières : pièges à carbone | Les coulisses du climat, 2 février 2022, https://www.youtube.com/watch?v=BWbMWjSUXXA


Ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques de la Faune et des Parcs, Conservation des milieux humides et hydriques, https://www.environnement.gouv.qc.ca/eau/rives/milieuxhumides.htm#:~:text=En%20font%2 0partie%20les%20marais,et%20des%20cours%20d'eau.



Gouvernement du Québec, Critères d’admissibilité et informations supplémentaires, RÉSERVE NATURELLE RECONNUE AU REGISTRE DES AIRES PROTÉGÉES (document pdf disponible en ligne).


Gouvernement du Canada, 26 novembre 2022, Milieux humides : apprenons à aimer nos terrains marécageux, https://parcs.canada.ca/nature/science/ conservation/zonehumide-wetland

Canards illimités Canada, Milieux humides, https://www.canards.ca/notre-travail/milieux-humides/










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